Dans l’univers Tesla, certains projets savent se faire attendre. Présenté dès 2017, le Semi devait initialement révolutionner rapidement le transport routier. Après de nombreux retards et une diffusion encore limitée aux États-Unis, son histoire prend aujourd’hui un nouveau tournant.
Jusqu’à 800 kilomètres d’autonomie pour le Tesla Semi
Le Tesla Semi n’est plus seulement un prototype destiné aux salons. Sa production monte désormais en puissance aux États-Unis et le constructeur annonce jusqu’à 500 miles d’autonomie, soit environ 805 kilomètres, pour sa version Long Range.
Le marché du poids lourd électrique est déjà bien occupé en Europe avec les acteurs européens, comme Mercedes ou Renault VI © Tesla
Une seconde configuration d’environ 325 miles, soit 520 kilomètres, est également prévue. Tesla annonce une consommation de 1,7 kWh par mile, environ 1,06 kWh/km.
Pour déplacer un ensemble routier pouvant atteindre plus de 37 tonnes selon les normes américaines, le Semi utilise trois moteurs électriques installés sur les essieux arrière. La puissance peut atteindre 800 kW, soit près de 1 100 chevaux.
Mais l’autre chiffre impressionnant concerne la recharge. Le camion accepte jusqu’à 1,2 MW sur les nouveaux chargeurs Tesla compatibles avec le standard MCS. De quoi récupérer jusqu’à 60 % de son autonomie en une trentaine de minutes selon le constructeur. Un chiffre pertinent qui parlera particulièrement aux exploitants et aux routiers, ces derniers devant respecter une coupure de 45 minutes après 4h30 de conduite continue.
Le Tesla Semi arrive sur un terrain déjà bien occupé
La véritable nouveauté concerne désormais l’Europe. Tesla prévoit de dévoiler les caractéristiques et les modalités de lancement de son camion pour notre marché lors du salon IAA Transportation de Hanovre, organisé en septembre 2026.
Les transporteurs européens devront toutefois patienter avant de connaître la configuration définitive. Dimensions, poids, autonomie ou encore capacités de recharge devront notamment être adaptés aux réglementations du Vieux Continent.
Dans le Tesla Semi, la position du conducteur est centrale. Les routiers vont devoir s’habituer à cette nouvelle configuration pour manœuvrer bien que le véhicule dispose de nombreuses aides à la conduite © Tesla
Tesla arrive surtout beaucoup plus tard que prévu. Pendant que le Semi accumulait les retards, les constructeurs européens n’ont pas attendu. Volvo Trucks, Mercedes-Benz Trucks, Scania, Renault Trucks, MAN ou encore DAF commercialisent déjà des poids lourds électriques. Toyota travaille aussi sur des versions fonctionnant à l’hydrogène.
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Le Semi conserve néanmoins une carte intéressante : son autonomie. Si Tesla parvient réellement à proposer près de 800 kilomètres dans une configuration européenne exploitable, son camion pourrait élargir considérablement le rayon d’action du transport électrique.
Après neuf ans d’attente, le plus difficile commence
Tesla devra également convaincre sur un point essentiel : l’infrastructure. Exploiter pleinement une recharge dépassant le mégawatt nécessite des installations capables de délivrer une puissance considérable, notamment dans les dépôts et sur les grands axes routiers.
Le constructeur affirme que l’électricité et la simplicité mécanique de la motorisation électrique peuvent réduire le coût d’utilisation par rapport au diesel. Reste à connaître le prix européen du camion (environ 300 000 € aux États-Unis) et de son écosystème de recharge.
Presque dix ans après sa présentation, le Tesla Semi s’apprête donc enfin à affronter les routes européennes. Mais cette fois, l’effet de surprise est passé : Tesla arrive sur un marché du camion électrique qui a eu largement le temps de se préparer. Tesla n’aura pas réussi à être le pionnier de ce marché en Europe.